... et j'ai donc passé une journée bien nase avant cette première fois.
J'étais partie en stage à l'étranger pour quelques mois. Ma destination : l'Uruguay. J'étais sensée bosser pour la bibliothèque du Claeh (centre latino américain d'économie humaine), remettre à jour leur système informatique, bref normaliser un peu les choses et faire en sorte que leur bibliothèque se modernise.
(Pour vous situer le truc : j'ai passé un master de gestion de l'information)
Rien d'extravagant, ni de trop compliqué à réaliser vu mon (faible) niveau en espagnol !
Une semaine après mon arrivée, j'ai reçu un appel de mon directeur de Master, il était sensé me rejoindre pour plusieurs semaines car il devait former un groupe de professionnels à de nouveaux outils documentaires, mais finalement il avait changé d'avis. Il m'a proposé de le remplacer, me disant que si ça se passait bien, à mon retour en France il me recruterait pour travailler en tant que chargée de cours à l'université.
J'ai tenté le coup, et une semaine plus tard, je me retrouvais devant une vingtaine de personnes bien plus âgées que moi - des professionnels expérimentés - à baragouiner en espagnol des explications sur un logiciel que je connaissais à peine. Je vous laisse imaginer la scène : rouge comme une tomate, des auréoles gigantesques sous les bras, et échevelée à force de m'agiter dans tous les sens,... je crois que les membres du groupe ce sont demandé d'où je sortais. Pour la classe et le glamour à la française, je demande pardon !
Cette première fois, a été un vrai baptême du feu, je n'ai jamais autant stressé avant de prendre la parole en public. Mais cette expérience a été très bénéfique, j'ai continué les cours pendant 3 mois, j'ai progressé en espagnol à la vitesse de la lumière, je suis rentrée en France puis j'ai enseigné pendant 2 ans et demi à l'université. J'ai réalisé un rêve, voyager et faire un boulot qui me plait, forte de cette première expérience, ce même directeur m'a proposé des interventions au Brésil, ainsi qu'en Colombie. Et grâce à ça j'ai pu rencontrer des personnes formidables et découvrir des pays extraordinaires.
Parfois je regrette ce boulot, et ces instants de ma vie où j'avais le sentiment que mon job était le plus passionnant au monde, que je pouvais avoir une belle carrière dans l'enseignement,...
Aujourd'hui cela me semble si loin, ma vie est radicalement différente : j'ai totalement coupé les ponts avec ce directeur que je considérais comme un mentor les premiers temps et qui s'est révélé être un tyran et un manipulateur.
Je regrette parfois d'avoir claqué la porte sans me retourner, il y a 3 semaines une ancienne collègue m'a demandé de revenir, de recommencer,... j'y réfléchis.
Petite vidéo sans réel lien, Julie Ferrier excellente en prof complètement azimutée...
♥ Happy Mother day ♥
Il y a 7 heures
Belle expérience... Quand on est obligée, ça booste et après tout va bien...
RépondreSupprimerJe crois que le naturel fait tout, dans ces cas-là.
RépondreSupprimerEt sus aux auréoles, paraît que dans certains cas, c'est un signal d'extrême érotisme, tu vois, tout n'est pas perdu :D
Partir à l'étranger pour s'adresser pour la première fois à un public, ça me paraît d'un snobisme !
RépondreSupprimerBlague à part, merci Laora pour cette première participation qui en augure bine d'autres, j'espère.
Enseigner... Ca c'est un truc qui doit être fort. Et tellement formateur!
RépondreSupprimer(Juliiiie \o/)